© 2017 CLUB89 - Conception graphique STUDIDEGRAPHISME.FR

January 28, 2019

December 9, 2018

October 13, 2018

September 14, 2018

April 4, 2018

March 28, 2018

February 11, 2018

September 28, 2017

June 8, 2017

April 25, 2017

Please reload

Featured Posts

MEET LESLIE

04/04/2018

 

 

À 15 ans elle quitte le foyer familial pour gagner sa vie dans un restaurant Suisse, puis se fait scouter entre le plat et le dessert par la directrice d'une agence voisine...

C’est ainsi que démarre le tourbillon de carrière de Leslie Masson. L'urgence d'une vie. Comme si le cosmos avait soufflé sur cet ange pour la faire redescendre sur Terre aussi vite que possible... Elle se laisse alors porter par les flots du mannequinat, et s'en suivent des années de rafales et doux alizés la menant jusque New-York. Dans cette jungle qu'est la mode, Leslie vogue et comprend qui elle est devenue en observant les autres comme on observe les étoiles. Un effet miroir qui lui permet de conjuguer sa fragilité à son courage pour s'écrire un futur plus protecteur. Elle nous parle des vices et vertus du mannequinat, de ses deux enfants et de ses seins dans la gueule de Bernadette Chirac : 

 

 

Club89 : Peux-tu nous parler de tes débuts sur Paris ?

Leslie : Oui quand je suis partie de Milan pour signer chez Ford à Paris. Là j’ai fait ma première belle rencontre de la mode. C’était Patricia Lagrange, mon agent de l’époque. Je lui dois beaucoup, c’est comme une deuxième maman pour moi parce qu’elle m’a vraiment pris sous son aile. C’est elle qui m’appelait tous les matins pour me dire « aller vas y ! T’as des castings aujourd’hui !  Alors, ce truc là c’est important. Et cette personne là tu verras elle est con comme ses pieds. Lui c’est un gros salaud attention aux mains baladeuses… » enfin, elle était tout le temps là pour me soutenir tu vois. On passait des heures au téléphone, elle était drôle. Et comme elle a été mannequin, elle comprenait très bien les trucs que je pouvais vivre… Elle m’accueillait chez elle le soir, elle me faisait à dîner… Enfin elle a rendu la chose plus « humaine » en fait. Et ça m’a vraiment aidé parce que sinon moi je pense que je me serais barrée en courant… Tout ça me terrorisait un peu. Et surtout elle a cru en moi !!! Parce que maintenant les standards ont vachement changé, mais j’étais petite pour l’époque. Donc c’était vraiment pas gagné, mais elle a réussi, à faire un truc de moi.

 

Tu compares souvent ta carrière à celle d’une sportive, dans le sens où ton corps est ton outil de travail…

Oui, les gens ramènent souvent les mannequins à leur poids. Il se trouve que quand on fait des défilés, il faut rentrer dans des vêtements qui ont été conçus pour être vu sur scène. C’est des vêtements de « spectacle ». C’est pas ceux qui seront dans les rayons de magasin. Ils sont faits pour une certaine « catégorie » de mannequins. Quand je nous compare aux athlètes, c’est parce que quand un boxeur fait moins de 55 kg, il va pas se battre avec un boxeur qui fait plus ! Là c’est la même chose, ça marche par catégories. On a des contraintes liées au corps. Et pour faire les défilés on est obligées d’avoir un corps longiligne parce que le vêtement tombe mieux. Et comme des athlètes, on vit avec notre corps comme outil de travail. On sait quand on va être plus performants ou non. Quand on l’est moins, on se surpasse grâce au mental. C’est là dessus où je nous compare un petit peu. Et aussi sur la question du plan de carrière. À un moment donné tu peux pas te battre contre l’âge et donc faut penser à un changement de carrière. Un athlète c’est pareil, il ne peut pas rester athlète toute sa vie…

 

 

Et toi tu fais des défilés et des photos ?

Nan moi j’ai arrêté les défilés depuis longtemps. Déjà, après avoir eu mes enfants mon corps a changé. Et ça faisait un moment qu’on me voyait donc je pense que les gens étaient moins intéressés aussi. Parce qu’en général sur les défilés il y a celles qui commencent ou les « topmodelmax » hyper connues. Et comme je ne commençais plus et que je suis pas devenue célèbre, je me suis arrêtée là. Après ça m’est arrivé d’en refaire mais ça n’a plus aucun intérêt pour ma carrière. À part me foutre 2 mois en l’air dans ma vie (rires) !

 

Ha ouais c’est beaucoup plus intense ?

C’est horrible ! Je me souviens un jour j’ai même pas eu le temps de pisser de la journée ! Et je me suis retrouvée rue de Rivoli à dire à mon chauffeur en moto « planque moi faut que je pisse ! » devant le Crillon (rires) ! C’est pas très sain quoi ! Le seul truc qui me manque un peu c’est l’adrénaline du show. Mais alors tout le reste… non merci ! Ça n’a jamais été pour moi de toutes façons. C’est beaucoup de stress. T’as mal partout, t’en prends plein la tronche et tu ressembles plus à rien (rires). Mais après c’est quand même rigolo hein !

 

C’est quoi qui est rigolo ?

Bah toute l’effervescence du truc. Déjà y a un truc que j’aime bien moi, c’est quand le vêtement prend forme. Tu l’essayes et après tu défiles avec. Tu passes des moments assez intenses avec les créateurs. Il y a beaucoup de rires, beaucoup de pleurs. Tu partages aussi des choses avec les autres filles : on fait les mêmes castings, les mêmes fittings, on attend des plombes aux même endroits… On se retrouve dans les mêmes galères de chaussures trop petites, de jupes trop étroites, de coiffures qui tirent les cheveux ! Et il y a aussi eu la fois où j’ai serré la main de Bernadette Chirac seins nus !

 

HAHAHA ! On veut bien le contexte !

En fait c’était à la fin du défilé Saint-Laurent. Le directeur de casting lui a dit « y a une petite française dans le line up ! » et du coup elle a voulu me serrer la main… j’étais en train de me changer, je me suis retournée, et comme elle est pas très grande et que j’étais en talons, ben… elle avait juste mes nichons dans les yeux quoi !! (rires)

Je me suis couverte comme je pouvais, j’étais toute rouge et je lui ai serré la main, toute tremblante.

 

 

Mais du coup ça a été quoi l’élément déclencheur pour que tu prennes goût à ce métier ?

Je crois que j’y ai vraiment pris goût à partir du moment où j’étais enceinte de mon 2e enfant. J’étais au chômage technique, donc j’ai assisté une directrice de casting, Sandra Sharzmann. Elle aussi, elle a été l’un de mes rares rayon de soleil plein d’humanité dans ce milieu. Elle m’a donc proposé de passer de l’autre côté de la caméra et de filmer les filles qu’elle castait. Alors je me suis retrouvée devant cette espèce de fragilité qu’on a toutes face à un directeur de casting. Quand tu te dis « j’ai vraiment envie d’avoir ce job, je voudrais vraiment réussir ! » mais en même temps tu n’arrives pas à te surpasser… Ça m’a tellement touché de voir ce truc des débuts, de la jeunesse, de la timidité ! Après je me suis rendue compte que j’avais quand même un sacré parcours derrière moi et c’est là où j’ai fait un peu le bilan du truc et je me suis dit « en fait je le kiffe mon métier ! Ça fait 10 ans que je fais ça et c’est ma carrière ! ». Et j’ai accepté que ce soit vraiment un métier. J’ai arrêté de me dire « Je fais ça et on verra après ». Je pense que c’est ça l’élément déclencheur, c’est quand j’ai filmé les autres filles… J’ai vu ce truc de peur un peu que j’avais eu en moi. Et à la suite de ça, les castings se sont passés vraiment différemment et je n’ai plus eu l’impression de errer dans cette profession sans trop savoir où était ma place.  

 

Le fait d’être passée de l’autre côté de la caméra t’a fait réaliser l’importance du rôle du mannequin peut-être ?

Oui oui je pense que ça m’a aidé. J’ai changé ma manière de travailler, mais c’est aussi le travail qui a changé. Parce que j’ai changé de clients. C’est à dire qu’avant je faisais beaucoup d’éditos, mais c’est un milieu où les gens ont pas mal d’égo et se permettent des choses que d’autres ne feraient pas…. Tandis qu’à présent je fais plus de shootings commerciaux. Et là tu travailles avec des gens qui sont là pour gagner de l’argent et pas pour faire de l’art. Donc le rapport est vraiment différent. Mais bizarrement c’est plus facile pour moi qu’il n’y ait pas de « création ». Parce que c’est ça le « gros drame » pour moi et pour toutes les mannequins. C’est qu’en fait tout le monde crée autour de nous, et nous on fait rien ! On est des pâtes à modeler tu vois. Donc tant qu’à faire autant être technicienne de la mode et se concentrer sur la rentabilité ! Donc je m’amuse maintenant à me dire « ha bah voilà aujourd’hui j’ai réussi  à faire 10 photos en moins de une heure ». Alors qu’avant je me disais « je voudrais faire la couverture de Vogue » tu vois. C’est pas le même défi (rires).

 

 

Il y a un photographe avec qui l’échange a été intense et gratifiant ?

Avec Lindbergh par exemple je sais que j’étais hyper impressionnée parce que c’était quelqu’un que je connaissais en tant qu’artiste avant d’être mannequin. Je trouvais que c’était quelqu’un qui respectait la beauté des femmes. Et la rencontre a été au dessus de ce que je pensais de lui avant de le connaître ! Mais je n’ai eu la chance de bosser avec lui qu’une seule fois et je n’étais pas seule avec lui. Après il y a eu des photographes moins connus avec qui j’ai eu des super expériences, comme Carlotta Manaigo. Elle je pense qu’elle m’a shooté environ 25 fois ! Elle sait vraiment bien me photographier et j’ai une super relation avec elle. C’est avec elle que j’ai fait la pub Mont Blanc par exemple. Donc ça c’était des belles rencontres. Après y en a eu des mauvaises aussi hein… et un paquet !! (rires)

 

Oui et je pense qu’il faut se concentrer sur les moments où tu te rends compte que sans toi ils font pas de photos quoi…

Oui. Il y a eu des moments où je me suis sentie importante. Je veux dire qu’il y a des fois où tu peux être totalement remplaçable et d’autres fois où le casting, il est fait pour toi ! Et dans ces cas là, il y a une connexion qui se fait pendant le shooting entre l’équipe et toi. Quand t’es smooth et que ça spasse bien, les photos sont encore plus belles. Mais il y a beaucoup plus de photographes qu’avant. Et beaucoup de gens moins performants. Il y a beaucoup de « fast » maintenant. Ils vont moins rechercher de trucs. Mais je me souviens de certains shootings où à la fin, on a tous pleuré ! Les équipes se serrent dans les bras, on va se bourrer la gueule après… enfin tu vois des trucs un peu plus familiaux quoi…

 

Si tu devais faire de la vidéo ce serait quel genre ? 

Bah c’est un peu triste parce que dans le clip elle est droguée et que la scène est glauque etc… mais dans l’idée de la réalisation j’aurais adoré tourner avec Gondry. Tous ses clips me fascinent et particulièrement celui du morceau « Like a Rolling Stone » !

 

 

Qu’est ce qui t’a donné envie de faire cette série de « nu » avec Julot ?

À la base il m’avait approché pour ce projet photos qu’il avait et que tu as fait naitre du coup. Et après on est devenus potes ! Donc j’ai accepté parce que son projet de photos me plaisait et que j’avais projeté des images dans ma tête quand il m’en avait parlé. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup. J’aime beaucoup son travail. On a beaucoup parlé de nos enfances et c’est quelqu’un que je trouve touchant. Du coup c’est beaucoup plus facile pour moi de me mettre à nu. C’est pas un truc que je fais souvent, et pourtant j’ai même pas eu l’impression d’avoir fait un shooting nue, mais plus un shooting où c’était vraiment MOI quoi ! Il y a une espèce de distance agréable, que j’avais jamais ressentie. En shootant tu peux te sentir parfois très mal à l’aise, et là c’était pas le cas.

 

Oui et c’est quand même assez rares les mannequins et comédiennes qui acceptent de faire du nu, non ?

Je suis pas sure que ce soit si rare que ça… peut-être… j’en sais rien. Toutes mes amies mannequins ont des photos à poil hein ! Moi j’en avais déjà fait, mais tu vois je me suis souvent retrouvée sur des shootings habillée, où je me sentais plus à poil que là ! Tu vois ce que je veux dire ?

Comme c’est le mental qui gère ton corps, bah des fois t’as pas la tête à ça et dans ces cas là c’est très dur d’être « déguisée ». Mais là, c’était pas du tout le cas parce que c’était Julot et que c’était un truc que j’avais préparé dans ma tête. Mais c’est vrai que c’est pas un truc forcément évident ! Je suis quelqu’un de pas du tout pudique avec mon corps dans la vie comme au travail, mais par contre une interview ça va me stresser. J’ai plus de mal à parler de moi qu’à me mettre physiquement en avant. Pourtant si c’est quelqu’un de ma famille ou de proche qui me prend en photo, je vais être mal à l’aise et pas savoir poser du tout ! (rires)

 

Ha ouais ? Il y a presque deux personnages en toi ?

C’est ça. J’ai mon étoffe de mannequin qui me protège, où je peux oser faire des trucs que je ferais pas dans la vie !

 

Et la transition elle démarre quand ? Au moment du make up, quand tu dois rentrer dans la peau du personnage ?

Nan maintenant c’est dès que j’arrive. Dès que je dis bonjour à l’équipe, tac, j’suis au boulot. Et ça j’y arrive que depuis quelques années ! Au début j’avais vachement de mal à me mettre dans le truc. J’ai eu plein de disputes avec des photographes parce que j’arrivais pas trop à « donner » à des moments. Peut-être parce que je me sentais pas belle, ou parce que le mec me parlait mal… C’est difficile de donner à quelqu’un avec qui t’as pas d’affinité.

 

 

Pour toi il y a une différence entre un shooting fait par « un » ou « une » photographe?

C’est marrant parce que ces dernières années, il y a beaucoup plus de femmes qui m’ont photographié. Alors je sais pas si c’est parce qu’il y a plus de femmes qu’avant dans le métier, mais en tous cas c’est marrant parce que ça m’a déstabilisé au début.  Parce que justement je fonctionnais vachement sur la séduction avec les hommes. Alors qu’avec les femmes pas du tout. Du coup, ça donne pas du tout le même genre de photos !  Et c’est vachement plus agréable d’être photographiée comme ça… plutôt que de devoir entretenir ce jeu là avec les hommes qui en fait me plait pas à moi, personnellement. Si je dois séduire le photographe, que je vois qu’il me fait des compliments et qu’il y a un espèce de jeu, ça me motive pas plus quoi…

 

T’as jamais eu envie de passer de l’autre côté de l’objectif ?

Ha si ! Je travaille avec Tristane Banon sur un projet de livre pour enfants qui serait fait de photos. Je suis en train de le préparer doucement mais surement. Et je fais aussi des photos, mais sans mannequins. Pour l’instant c’est plus un hobby qu’autre chose.

 

Comment tu gères ton métier vis à vis de tes enfants ?

Alors par exemple, j’avais passé des essais avec Klapisch pour faire certains de ses films. Et en fait y avait pas mal de scènes de sexe et moi je peux pas. C’est impossible. Pour la simple et bonne raison que je ne veux jamais que mon fils ou ma fille voient ça. Mais j’suis pas mal à l’aise avec les photos de Julot par exemple. C’est arrivé 2-3 fois que mon fils de 10 ans me dise « he dis donc sur cette photo heu ta jupe elle est courte ! ». Il m’a vu pas mal de fois au boulot mais y a une espèce de truc chez lui à mi chemin entre l’admiration et la jalousie possessive. Donc c’est vrai que j’ai pas du tout envie que mes enfants grandissent avec une image de moi où tout le monde peut avoir accès à mon cul. Alors je fais attention à mon image, pour que chaque chose que je fais ou que je dis, je n’ai pas besoin de le cacher à mes enfants ! 

 

C’est fou que, si jeune, il réalise qu’une jupe courte c’est directement « sexualisant » !

Ouais mais il vit dans le même monde que nous hein ! Excuse moi mais c’est normal ! Et d’ailleurs un jour la maîtresse est venue me voir en me disant : « Écoutez, peut-être qu’il faudrait que vous expliquiez à votre fils que votre métier, c’est pas quelque chose qu’il peut raconter à tout le monde ! Parce que ça peut déranger, ça peut gêner un peu les gens ». Je lui dis « Mais enfin Madame, quand même, faut pas exagérer ! C’est un métier comme un autre… ». Elle me répond : « Oui, je veux bien comprendre que vous aimiez votre métier mais bon… le striptease c’est pas forcément accepté pour tout le monde ! » (rires)

Donc mon fils est allé expliquer à la maîtresse que « maman, pour le travail, elle se déshabille devant des messieurs ! ». Il y a eu un quiproquo énorme avec la maîtresse et on a beaucoup ri !

 

 

Quand et comment tu t’es sentie Femme pour la 1e fois ?

Ça n’a pas de rapport avec mon métier mais c’est quand mon fils a tété mon sein pour la première fois ! C’est un peu cucul mais j’ai vraiment eu l’impression d’être au top de la féminité du truc quoi. « Il y a un être humain qui est sorti de mon corps et je lui donne à manger… Mon corps est nourriture pour mon enfant ». Là, je me suis vraiment sentie femme « Femme » ! Dans le sens propre du terme.

 

Et au quotidien ?

Malheureusement au quotidien je subis plus que je ne me sens femme… Parce que les fois au quotidien où je me sens ramenée à mon « statut de femme » c’est lorsque : je me fais siffler dans la rue, ou lorsqu’on me parle comme une abrutît quand je suis dans un magasin de bricolage… ce genre de trucs... donc tu vois c’est un peu négatif. Je me sens juste « humaine » et j’aimerais qu’on ne vienne pas me rappeler que je suis « femme ». Et dans mon métier, je me sens pas femme. À des moments je me sens « cintre », je peux me sentir vraiment comme un mannequin en bois tu vois. Sans émotion à l’intérieur. Je suis pas là pour être belle, ou pour nourrir mon égo. Toute la féminité qu’on peut trouver dans mon travail c’est les gens qui la projettent sur moi. C’est pas moi qui la transmet. Mais je kiffe ! C’est pratique parce que ça me dédouane complètement du truc. C’est ça que j’aime bien aussi dans ce métier, c’est qu’on me déguise et je peux être d’autres personnages que celui de ma vraie vie. 

 

Ta fille ça la fascine pas tout ça ?

Alors elle est partagée sur ça. Elle a déjà fait des photos avec moi et tout. Mais j’aimerais vraiment pas qu’elle soit mannequin. Ça m’ferait vraiment chier ! Parce que je trouve qu’il y a tellement mieux à faire ! Après ça peut être une carrière super cool pour gagner de l’argent, mais quand t’as la capacité de faire autre chose, fais le ! Et ma fille je veux pas qu'elle se compare, je veux qu’elle ait sa propre identité et qu’elle ne pense pas que c’est dans les gènes donc elle fera la même chose. Elle ne fréquente pas que des mannequins, elle voit plein de genre de femmes, dont certaines travaillent dans la mode, d’autres ont du pouvoir, sont carriéristes… Elle voit plein de trucs, donc j’espère que tout cet univers autour d’elle va la faire évoluer et qu’elle aura autre chose en tête que de faire comme maman ! J’essaye de lui expliquer que c’est pas un but dans la vie de devenir mannequin ! C’est un peu comme un billet de tombola qui te tombe dessus, t’as pas trop choisi et tu sais pas quand est ce que tu touches le gros lot. D'ailleurs tu sais même pas ce que c’est le gros lot !

 

 

Parfois tu repenses à ta vie avant ce départ en Suisse ?

Ouais quand j’y repense je me dis « putain mais qu’est ce que j’aurais fait de ma vie si j’avais pas fait ça ?? ». Et aussi je repense à toutes les erreurs que j’ai faites. Parce que j’avais un caractère un peu difficile. J’étais un peu contre ce truc de mannequin, j’avais du mal à ma placer et tout. J’ai dit « ta gueule » à Steven Klein par exemple. Je me suis pas pointée au casting parce que pendant un autre shooting que j’avais fait avec lui, il m’avait pas adressé la parole de la journée ! Et quand je réfléchis, je me dis « j’aurais pu faire tellement plus de tunes !!! » (rires). Mais je regrette rien, je suis contente. Pareil pour les enfants. Ça m’a vachement ralenti dans ma carrière, mais ça m’a aussi donné plus de force. Au moins j’ai une vie de famille tu vois. Quand je repense à toutes ces filles qui ont commencé en même temps que moi, et que je vois leur vie maintenant, je me dis « elles se sont accrochées c’est cool, mais elles ont des vies publiques ! ». Et ça te change toute ta vie quoi. Tu peux pas aller acheter ton PQ tranquille. Moi je suis complètement anonyme et ça j’en suis vraiment contente ! C’est à dire que mon parcours est à l’image de ma personnalité. J’ai réussi à me sortir de ma timidité avec ce boulot qui m’a épanoui en tant que personne. Ça m’a aussi fait voyager, m’a apporté une qualité de vie. J’ai pu aider ma famille, ma mère, ma sœur. Ça ma permis d’emmener mon père à New York. Enfin tu vois des belles choses comme ça ! Et ça n’a pas détruit ma vie, parce que c’est à double tranchant ce truc…

 

Est ce que finalement c’est pas un métier qui pousse à l’empowerment ? T’as pas le choix, tu dois croire en toi et monter « sur scène » ?

Ha oui et t’as pas le choix en fait !  En plus, il y a tout le monde qui te regarde, t’as pas une minute d’intimité. Tout le monde est sur toi toute la journée… Faut arriver à se protéger. Moi maintenant, je me mets dans un état mental presque méditatif, où je me mets complètement ailleurs sinon j’étouffe et c’est l’horreur. Y a des nanas qui adorent ça, d’autres qui détestent… et moi par exemple au début je bougeais tout le temps pendant le maquillage. J’étais pas à l’aise. Mais ce métier m’a obligé à « sortir de moi », à vaincre ma timidité. Et je trouve ça cool parce que je sais que ça m’a rendu plus forte !

 

T’étais déjà à l’aise avec ton corps avant ?

Je pense que je m’ignorais pas mal. Maintenant j’en ai plus conscience, mais regarde comme je suis habillée… je me suis jamais mise en avant ! La dernière fois mes copines me disaient « Tu peux pas faire un effort ? Tu peux pas mettre des talons ? » bah nan ! Je vais être plus grande que tout le monde, ça fait mal aux pieds, ça m’fait chier, ça me fait penser au travail quoi ! (rires). Même faire du shopping ou aller chez le coiffeur c’est « no way » !

 

Et ça va te manquer quand ce sera fini ?

Bah j’aimerais bien continuer à évoluer dans la mode, sur un autre poste. Mais la facilité va me manquer. Je sais que je gagnerai jamais ma vie comme ça, et je voyagerai moins. J’ai été mal habituée, parce que j’ai jamais été obligée de bosser dans un bureau… J’ai conscience que la reconversion va être difficile…

 

 

Photos de Julot Bandit

 

 

Suivez Leslie

 

Suivez Julot

  

Suivez Romie

 

 

Please reload

DERNIERS AJOUTS

  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon