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MEET DEBBIE

11/02/2018

Deborah aka Freaky Debbie, c’est l’esprit d’une femme qui aurait déjà vécu quinze fois, dans un corps d’enfant dessinant tous les jours son propre conte de fées. Comme si elle n'avait pas le choix d'embellir sa propre réalité, Debbie a la tête dans les nuages 7/7 et n'envisage pas vraiment d'en redescendre...

Elle a d'ailleurs lâché ses études de compta à 20 ans, pour se consacrer au stylisme et faire de sa vie un spectacle de marionnettes en soie, velours et coton. 

Debbie est à présent tellement persuadée que le vêtement transforme les femmes, que pour nous rendre plus fortes, elle part en guerre tous les matins et nique les codes vestimentairement sexistes pour envelopper ses poupées de costumes exagérément héroïques. En grande amoureuse des femmes, c'est à une petite fille qu'elle va bientôt donner naissance et continuer ainsi à peupler sa planète Vénus !  

Elle nous parle d’empowerment, des effets chelous de la grossesse et de film de cul by Jean-Paul Goude...

 

 

Club89 : Tu accordes une place importante à "la femme" dans tes créations. Tu aimes les sublimer, les rendre fortes… Qu’est ce qui t’inspire le plus chez elles ?

 

Debbie : Parce que je vois la femme comme une espèce de super-héros. J’ai toujours besoin de la mettre sur un piédestal. J’ai besoin de la rendre "Queen". J’me sens pas féministe mais plutôt carrément "pro-femme". Et quand je travaille sur son apparence, j’ai besoin qu’elle ressemble à une sur-femme !

 

C’est son corps qui t’inspire, ou son caractère ?

 

Son corps, mais surtout sa force. La force des femmes. Elles ont de multiples facettes, multiples personnalités. Elles ont cette force de pouvoir assumer autant vies différentes et autant de choses dans une même vie. Je trouve leur force plus subtile que celle d’un homme...

 

Pour créer tes costumes de scène tu pars souvent d’un personnage célèbre. Comment tu les choisis ?

 

Je les trouve souvent dans l’univers du fantastique. Un univers qui m’entoure et qui m’inspire beaucoup. Mais c’est aussi parfois des icônes qui ont existé comme Frida Kahlo ou Josephine Baker… Des femmes fortes, avant-gardistes, avec une certaine prestance.

 

 

 

Et pourquoi t’aimes tant travailler avec des danseuses-performeuses ? Le corps medium ça t’inspire ?

 

Bah je trouve que les mannequins sont parfois pas très vivantes. Alors qu’une performeuse sait travailler de son corps. En fait une performeuse, même si elle a 2 kilos en trop et pas la plastique habituelle d’une mannequin, elle mettra dix fois plus en avant le vêtement. Et elles ont cette capacité à le faire vivre par leur corps, parce qu’elles savent l'utiliser. Elles savent transmettre de l’émotion. Les comédiennes aussi elles ont cette capacité à faire vivre les choses plus qu’une mannequin. Après il y a de très bonnes mannequins hein ! Mais en tous cas dans ce truc de costume de scène, ce côté super-héros c’est plus adapté à la performance. Et elles deviennent un peu comme des fées pour moi. Je les vois comme des petites femmes magiques quand je les regarde dans mes créations. Elles m’éblouissent comme si j’étais une enfant qui regarde des princesses !

 

D’ailleurs t’es plus super-héroïne que princesse !

 

En vrai ouais, même si j’adore les princesses ! Mais elles sont souvent trop cucul. J’suis moitié princesse, moitié guerrière quoi. Mulan !

 

Et tu te souviens du premier déclic sur ce grand thème qui t’inspire ?

 

Bah je sais que c’est lié aux premières robes casquettes que j’ai fait avec New-Era. Mais je pense que ça a commencé chez Andrea Crews, parce qu’on s’est mises à faire des costumes de "Reine" aussi un peu (NDLR : Chez Debbie, la « Reine », c’est une sorte de costume de scène majeur qui résume la collection).

Et pour la collab Pantheone x New Era c’est là que j’ai fait que des supers-héroïnes. Du coup je me suis moi même trouvé un besoin de mettre la femme sur un piédestal. Mais c’est venu à moi sans que j’y pense vraiment. Puis j’ai compris ce que j’avais envi d’apporter à la mode. J’ai compris ma vision de la femme dans la mode. Et ensuite c’est devenu une marque de fabrique et une identité que je continue à approfondir.

 

 

Mais dans ton éducation tu penses qu’il y a des choses qui t’ont mené à ça ?

 

Bah maintenant que tu me dis ça, je pense que ma mère est une super-héroïne à mes yeux. Elle m’a élevé toute seule. Elle avait 3 boulots en même temps…

Et aujourd’hui je suis enceinte, je vais avoir une fille. Et je réalise que j’avais très envie d’avoir une fille car j’ai vraiment besoin de transmettre cet instinct féminin. J’ai envie d’élever une Femme. Lui apprendre les valeurs que, moi, je défends pour la femme.

 

Quelles sont les valeurs dont tu parles ?

 

La liberté, la passion et le travail. Le travail lié à la passion. J’ai envie de lui apprendre à être elle-même et à se battre pour ce en quoi elle croit. Je veux qu’elle soit complètement épanouie dans ce qu’elle est et dans ce qu’elle fait. Apprendre à être une femme accomplie. Sous toutes ses facettes. Parce que j’ai vraiment eu l’impression de devoir me battre en tant que femme parfois.

 

À quel moment de ta carrière par exemple ?

 

Et bien… du début à la fin finalement. Tu sais moi j’étais la petite portugaise. J’étais « la p’tite naine ». Pas plus haute que 3 pommes. Même quand j’étais chez Pantheone et que j’étais chef, des fois les gens arrivaient et me prenaient pour une stagiaire parce que je suis toute petite et que je ressemble à une enfant (rires). Donc j’ai du me battre pour qu’on me prenne au sérieux en tant que femme. Quand on me voit comme ça souvent les gens ils croient pas que c’est moi qui ai fait tout ça. Maintenant j’en joue je trouve ça marrant. Et puis j’ai pas eu de père. J’ai du me battre en tant que femme sans père. C’est pour ça aussi que ma mère est ma super-héroïne, c’est parce qu’elle a assumé tous les rôles pour moi. Et du coup j’ai du, moi aussi, chercher encore plus de courage et de force en moi pour devenir quelqu’un. Devenir une femme forte comme moi je la vois.

 

 

Tu penses que c’est pour ça qu’il y a aussi une touche de masculinité dans tes créas ?

 

C’est fort possible. Parce que c’est vrai que je défends la femme de ouf mais j’ai absolument rien contre l’homme. J’aime l’intégrer, j’aime jouer des codes masculins et les mixer avec le féminin. Et j’aime la femme masculine. Je la trouve encore plus intéressante que la femme 100% féminine. Et il y a certainement de ça. Pour moi une vraie meuf sait aussi être un homme.

 

Tu penses à quels aspects de l’homme ?

 

Les cojones ! (rires)

Nan, le fait de se battre pour sa famille par exemple.

 

 

 

Et est ce que tu penses que cette « femme super-héros » est une source d’inspiration inépuisable pour toi ?

 

Oui j’ai l’impression. Parce que plus le temps passe, plus j’étudie la femme, plus j’en découvre des nouvelles facettes. Aujourd’hui je vais être mère, et je pense que ça va me permettre d’aborder la femme encore autrement. Jusqu’à maintenant j’avais une vision plus jeune mais on évolue toute notre vie en tant que femme dans des phases multiples. Et ça m’inspire à chaque fois différemment.

 

Et pour toi, en quoi un vêtement peut nous « empower » ?

 

Par le simple fait que, le matin, si on n’est pas dans une tenue qui nous va, on ne se sent pas bien, pas belle, on n’a pas confiance en nous ! Et à contrario, ça peut nous rendre plus sûre de nous, donc plus belle quelque part. Et pour moi, quand t’es plus confiante, t’es plus performante au boulot. T’es plus efficace dans ce que tu fais. J'sais pas quand tu te sens belle et bien dans tes fringues c'est ce genre de phase où t’as envi de croiser ton ex dans la rue non (rires) ?! Nan mais le vêtement a beaucoup d’importance et ça a une dimension très sociale. Tu rentres dans un personnage quand tu t’habilles, comme un super-héros qui enfile son costume pour aller changer les choses !

 

 

Quelle partie du corps féminin tu préfères mettre en avant dans une pièce ?

 

J’ai un grand amour pour les hanches, les épaules et le dos.

C’est pas forcément les parties qui paraitraient les plus évidentes comme les seins ou le cul. Parce qu’en vrai une fesse tu peux pas la travailler en stylisme… à part la mouler… Non j’crois qu’j’aime des parties un peu plus subtiles. Un cou par exemple, ou accentuer les épaules et les hanches. Ça donne une carrure, une posture qui se rapproche de celle d’un homme justement. Ou travailler les hanches pour accentuer le côté féminin. C’est intéressant les hanches, la chute des reins… c’est par là qu’on met au monde en plus !  

Et t’as déjà eu envie de faire de la lingerie ?

 

Oui c’est un truc que j’aime bien faire mais après c’est quand même un truc compliqué. Mais si on ne parlait pas de la technique je la ferais sexy, subtile mais sans froufrou ni dentelle. Plus des trucs graphiques avec des micro fibres. Des découpes inspirées du sport mais pas trop non plus… Et le body serait évidemment Roi !

 

 

Et la mode dans le porno t’y crois ? Si tu devais faire le stylisme ou toutes les créas d’un film érotique par exemple ?

 

Déjà faudrait avoir une autre manière de voir le film porno. Sortir de l’idée que c’est des meufs avec des styles dégueulasses et des histoires de merde « ouais coucou je suis le plombier, je suis arrivé en avance » (rires)… Parce qu’aujourd’hui le porno c’est cheap en fait quoi. Mais si on m’appelait pour un film de cul avec une vraie direction artistique et un vrai sens ça me parlerait plus ! Ça peut être intéressant de l’aborder comme un film de mode sur fond d’histoire de cul. Pourquoi pas… Et si on me dit « c’est un film de cul fait par Jean-Paul Goude » j’y vais direct !!! (rires)

 

C’est vrai que tu voues un culte particulier à Jean Paul Goude ou même Mugler, deux hommes qui ont un peu révolutionné l’image de la femme finalement ! Comment tu expliquerais cette fascination ?

 

Je sais pas, quand je les ai connu je sais que j’suis restée bloquée sur eux. Je suis un peu accro. C’est des inspirations qui me reviennent toujours. Pour moi c’est un peu comme des religions auxquelles t’adhères. Soit t’es Jean-Paul Goude, soit tu l’es pas ! Leur direction artistique est tellement forte et leur vision tellement particulière. Je saurais pas expliquer mon déclic mais quand j’ai vu leurs travaux j’ai su que c’était ça. Je pense que j’ai reconnu en eux l’image que je me faisais de la femme, mais j’ai aussi trouvé la femme que je voulais défendre. Ça marche dans les 2 sens. C’est eux qui m’ont permis de me trouver.

 

Est ce que tu te souviens de quand tu t’es sentie Femme pour la première fois ?   

   

La première fois que j’ai joui je pense. Mes premières jouissances. Mes premiers cunis.

Mais aussi la première fois que j’suis tombée enceinte. Le fait de savoir qu’on a le pouvoir de procréer c’est important pour une femme. En tous cas je sais que même si j’avais 20 ans et que c’était une grosse galère, il y a un côté de moi qui s’est dit « han je suis vraiment une femme je peux faire un bébé ! ». Tu vois ce que je veux dire ? Comme si j’avais eu un déclic qui m’a fait comprendre que j’étais une femme.

Et puis la première fois que j’ai joui, je me suis vraiment sentie épanouie dans toute ma féminité (rires). Je sais pas t’expliquer par où ça passe mais c’est un ressenti 100% femme quoi… Jouir et se poser sur son lit juste après… On a rarement d’aussi bons moments dans la vie !

 

 

Et depuis que t’es enceinte, est ce que t’as remarqué des changements dans ta sexualité ?

 

Bah au début t’as des gros seins, t’as les hormones en folie, c’est assez sexy. T’as grave envie de faire l’amour et ton mec aussi parce que t’es pulpeuse. Tu mouilles plus vite, tu jouis plus vite. Mais bon des fois je jouissais en 3 minutes WESH ! Ton corps change d’un coup c’est assez fou.

Mais après tu sens vite que tu peux plus faire l’amour de la même manière. T’as un peu mal. Certaines positions deviennent impossibles avec ce gros bidou qui te rappelle qu’il y a un petit être qui grandit en toi ! C’est chelou pour le mec. Mais même toi aussi en tant que femme tout se met à se centrer sur le bébé. Et quelque part j’ai plus eu envie de faire l’amour pour les mêmes raisons, ni de la même façon. C’est moins un besoin sexuel mais plus une marque d’amour et d’affection. Il n’y a plus rien de bestiale mais de l’affection pure. Mais je me sens quand même super femme, là à 6 mois, mais pour des raisons nouvelles que je connaissais pas avant ! 

 

C’est à dire ?

 

Bah avant je me sentais femme en m’habillant sexy, ou grâce à une sexualité active pendant laquelle je pouvais plus jouer de mon corps. Alors qu’aujourd’hui je peux plus m’habiller moulant ni court, j’ai un ventre, j’ai des seins, mais c’est une féminité complètement différente que je n’avais jamais connu avant. T’es grosse c’est comme ça. Tu récupèreras la facette de la femme que t’étais avant plus tard… Pour le moment t’es une autre femme et tu l’acceptes petit à petit.

 

Et en tant que future mère de ta future fille, Billie-Joe, comment t’appréhendes sa sexualité ? Tu comptes lui en parler ou faire confiance à l’école ?

 

En tous cas s’il y a une chose qui est sûre, c’est que j'aurai zéro tabou avec ma fille ! Même si, quand je m’imagine maman d’une jeune fille là d’un coup, je pense que ça doit quand même faire bizarre quand elle se sexualise. Quand tu comprends que ta fille devient elle aussi une femme et que c’est plus ton bébé. Mais je souhaite être une mère hyper ouverte, l’accompagner et être de bons conseils. Ma mère l’a été avec moi à ce moment là et j’ai apprécié.

 

 

 

Maintenant Debbie, c’est ton interview Supersex-héroïne !

 

Wonderwoman, féministe ou exhibitionniste? Féministe

Betty Boop, levrette ou soubrette ? Soubrette

Athena, avec ou sans culotte ? Sans culotte

Catwoman, avec ou sans poil ? Sans poils. Enfin si elle a des ptits poils taillés.

Qui est ton héroïne vivante ? Bah là en ce moment je voue un culte à Bjork. Je sais pas pourquoi, depuis que je suis enceinte Bjork me touche à un niveau… Sa musique m’emmène dans un univers fort. Ça m’inspire tellement que j’ai fait toutes mes dernières créas là-dessus justement. Et puis ses costumes, sa manière de se mettre en scène en tant que femme m’inspire beaucoup ! Je trouve que c’est une femme magnifique. Elle n’a pas une beauté parfaite mais elle a une telle force féminine qu’elle m’illumine plus que toutes en ce moment.

 

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Soyez toutes les femmes qui sont en vous !

 

 

 

Photos de Marie-Amélie Tondu

 

Make Up by Melissa Biard

 

 

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